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Dans ce n°: le PNR, mais aussi un gros dossier très business sur les nouvelles ZAE du Grand Roissy. Un "collector"...

RoissyMail le Mag n°30

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C’est notre rubrique africaine. Beaucoup de lecteurs connaissent nos attachements au Bénin (superbe pays), à l’Afrique en général et noire en particulier, francophone spécialement. Nous sommes en train d’y installer une antenne à Cotonou (Bénin, joignable par skype.org : ericveillon). On vous dira les choses intéressantes qu’on y fait (et qu’on veut y faire) et on  mettra ici des informations relatives à l’Afrique, mal connue, continent qui nous est pourtant proche, à beaucoup d’égards.  La rubrique est ouverte, question information, aux villes jumelées avec les pays africains, aux associations (attention, on n’aime pas ici les pseudos « humanitaires »…).

C’est aussi une rubrique business  et à ce titre, la publicité et les infos y est ouverte aux compagnies aériennes, aux transitaires, à ceux qui, à l’import ou à l’export, font du commerce avec l’Afrique.

Pour  connaitre les conditions de parution dans cette rubrique :
eric.veillon@free.fr 06 60 04 69 88

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Le poids de la superstition en Afrique noire : un article de La Nouvelle Tribune (Cotonou)

C’est un article assez rare qui vaut d’être signalé, paru dans La Nouvelle Tribune, un des quotidiens de Cotonou (Bénin) les plus célèbres. On y évoque la persistance des croyances ancestrales en matière de superstition. Je confirme tout ! Et c’est valable pour les jeunes générations, dans leur majorité. Ces croyances, prégnantes dans la société béninoise (mais c’est pareil dans toute Afrique noire) ainsi que les anciennes pratiques familiales, toujours en vigueur, même en ville, empêchent, bien plus que d’autres choses, le développement moderne de ces pays. Lire aussi cet excellent article de Georges Dougheli, sur  Jeune Afrique. Prêt à en parler… EV


Ça fait un peu plus de deux ans que je n’étais pas retourné dans mon deuxième pays, le Bénin. La faute au temps qui passe trop vite et au manque de main d’œuvre pour notre agence …  La faute aussi à la cherté des billets d’avion sur cette destination : c’est de pire en pire ! Déjà, au mois d’août, on avait dû payer 1900 € AR pour que  Bignon puisse aller voir ses enfants. Pour 4500 km ! A ce prix-là, vous faites le tour du monde !

Mais j’ai eu le nez creux: quand la grève des pilotes d’Air France n’en finissait pas, je me suis dit que les réservations allaient se faire plus rares sur le site d’achat de la compagnie. Bien m’en a pris : dès le premier essai, je suis tombé sur un billet à 668 € AR pour la première semaine des congés de Toussaint ! J’y croyais pas: du jamais vu. J’ai appuyé des deux mains sur le PC ! Merci les pilotes !

Départ donc le 19 octobre pour à peine 10 jours. Un peu de stress, compensé par la joie de retrouver « mon » Cotonou-Fidjérossé », les enfants de Bignon, mes copains, ma Koléos, (la bien nommée, qui me casse les c…), la chaleur tropicale, les avocats, ananas, les poissons de l’océan (et au passage, cigarettes et viski moins chers, c pas bien).

Le vol s’est bien passé (un peu de retard au décollage, vite rattrapé par le commandant de bord). Scruté le Sahara et, arrivé au dessus du Niger, l’impatience grandissait. Je n’arrêtais pas de regarder l’avancée du vol sur l’écran du siège… Allez! allez! plus vite chauffeur ! Mon cœur battait la chamade car, vous le savez, j’adore ce pays et ses habitants.

Grand plaisir, comme toujours, de sentir, à la descente de l’avion la moiteur de l’air… J’y suis ! Bien que ce petit pays ne soit pas atteint, il y a des mesures préventives contre Ebola. Prise de température, questionnaire spécial et panneau évocateu….. L’aérogare de Cotonou a changé en bien: agrandissement et embellissement, rapidité des contrôles et de la livraison des bagages.

Philémon, le sympathique chauffeur de mon vieil ami Saturnin Agbota est là, avec ma Koléos. Joie.  Direction mon appartement de Fidérossé, situé juste derrière l’aéroport. Retrouvailles avec Loïc et Nina, les enfants de Bignon, Matthieu, le gardien…  Premières bières EKU bien fraîches…

Le lendemain mon programme peut commencer. Mais le temps passe aussi vite ici qu’à Roissy… le samedi, j’ai fait un pot-au-feu chez mon ami Saturnin qui m’avait demandé de montrer à sa cuisinière sénégalaise (charmante…) comment le faire. On s’en est bien tiré… Et j’ai eu le plaisir de dîner avec Stéphane Brabant, le réalisateur de Happy from Cotonou, un des meilleurs Happy du monde (sinon le meilleur…). Un grand moment ! EV(ce 2/11/2014)

Avec Stéphane Brabant, le (génial) réalisateur de Happy from Cotonou, autour d'un excellent poisson braisé au Bar Oxygène, dans notre quartier commun : Fidjérossé.


Les visas Afrique-France : vraiment un problème. Le cas d’une Sénégalaise, que je veux bien comprendre

Bousso Dramé, avec son beau billet d'avion, dont elle ne se sera pas servi

C’est l’histoire d’une jeune Sénégalaise qui devient lauréate d’un concours d’orthographe organisé par l‘Institut français (nouveau nom des centres culturels français) de Dakar en avril dernier. Ceci dans le cadre de la semaine de la Francophonie. Elle s’appelle Bousso Dramé.

En juin elle reçoit son prix: un voyage en France, tous frais payés, pour y suivre une formation de réalisation de films documentaires. De quoi se réjouir…

Mais, au lendemain de l’obtention de son visa (obligatoire pour entrer en France), elle refuse de partir et s’en explique dans une lettre ouverte au Consul général de France, lettre qui a fait le buzz sur le web, provoquant l’indignation générale et, vous pensez bien, la mienne.

Je vous demande, pour comprendre, de lire l’interview d’elle que le journal bien connu « Jeune Afrique » a publié, où elle explique par le menu les humiliations dont elle a été victime de la part des agents français du Consulat. Et aussi de lire la fameuse lettre ici.

Beaucoup d’entre vous connaissent le système des visas, mis en place en France en 1986, suite à la vague d’attentats qui avait été perpétrée dans l’Hexagone. Ces visas, obligatoires pour tous les ressortissants du monde entier (sauf pour les Européens) ont été maintenus, pour mieux contrôler l’immigration, en bonne partie issue d’Afrique noire et du Maghreb. Après il y a eu Shengen... Suite à des fraudes multiples (mais pas seulement), les délivrances des visas est devenue un véritable parcours du combattant.

J’ai connu ça de près lorsque j’ai voulu inviter  Bignon, (que j’ai épousé depuis et qui est Béninoise) en vacance ici pour un mois, voici quelques années. Il faut, tant pour celui qui reçoit que pour celui qui est reçu, des tas de papiers : certificat d’hébergement sur papier sécurisé, déclaration de revenus, attestation de la taille de votre appartement… la liste serait longue  à écrire ici. En plus il faut payer, des deux côtés: timbre fiscal ici, taxe (de plus en plus chère) la-bas, à payer au Consulat, qui délivre les précieux sésames. En plus il faut payer le billet d’avion aller-retour avant de savoir si le visa sera accordé ou pas. Ce qui complique bien les choses, sachant que s’il manque un papier, le visa est refusé, sans explication possible et il faut recommencer. Et sachant aussi que, même s’il ne manque rien, il peut-être refusé.

C’est ce qui nous est arrivé, à deux reprises. Je vais vous la faire courte: dans un premier temps, comprenant la complexité de la demande (surtout pour la 1ère fois), je téléphone au Consulat du Bénin (où je fus immatriculé lorsque je vivais la-bas), me présente, et me fais confirmer par un agent (qui n’y était pas tenu, mais il l’a fait) la liste des démarches, pressentant un gros bazar.

Le jour venu, Bignon, après avoir fait plusieurs fois une queue énorme devant le Consulat, va chercher le dit visa.

Refus !

Elle m’appelle, je suis hors de moi, car je savais que tout était OK.  Je tente de joindre mon correspondant (dont j’avais le nom) au Consulat, à une dizaine de reprise : pas moyen de l’avoir, comme par hasard. J’essaye d’avoir le Consul: en vacances…

Je suis écœuré et je cherche une solution. Pensez, c’était la première fois que Bignon pouvait venir en France, première fois qu’elle prenait l’avion… On devait passer les fêtes de fin d’année en famille…

J’envoie un mot  à Chirac, sur le site de l’Élysée. Pas de réponse. Je pense alors à l’Ambassadeur de France au Bénin. Je vis sur leur site et, chance, je trouve l’email  du diplomate lui-même. Je lui fais un topo de la situation, lui précisant que le dossier était complet et valable etc. et que dans ces conditions, si Bignon ne pouvait pas venir en France, aucun Africain ne pourrait venir non plus.

Miracle ! L’amba himself me répond dans l’heure. J’y croyais pas…  Très sympa, nouvel échange mail, tél. Il m’explique que c’est la responsabilité première du Consulat, que lui ne peut rien faire directement (ce qui est vrai) , mais qu’il va demander que je puisse représenter… Je le remercie chaleureusement.

Du coup je rappelle le lendemain mon gars du Consulat, qui me  répond cette fois (eh, eh…). Je suis obligé de tout refaire et de tout renvoyer,  à grand frais (DHL), payer timbres, Bignon payer la taxe…  Et ouf, on récupère enfin le visa. J’ai encore remercié l’ambassadeur, à qui je suis allé rendre visite en juillet d’après, lors de mon séjour  Cotonou. Il m’a reçu pendant une heure dans son magnifique bureau situé dans la majestueuse résidence de l’ambassadeur que je connaissais déjà. Une des plus belles d’Afrique, vaste domaine au bord de l’océan, palmiers, pelouses impeccables, arpentées par les célèbres paons.

On a eu des discussions passionnantes et j’ai appris alors de sa bouche, ce qui avait dicté la position (peu reluisante) de la France dans la  crise politique de 2005 au Togo voisin…

Récidive

L’année d’après, il est question que Bignon revienne en vacance chez moi (en France). Là, j’angoisse encore plus pour le visa. On refait les dossiers et, pour éviter tous refus, j’ai eu une fausse bonne idée.

Puisque les refus  (voir mon analyse en fin d’article) sont supposés , d’une manière tout à fait discretionnaire (voire laissés au seul choix d’un agent du Consulat),  être dus à la suspicion que l’Africain demandeur d’un visa de courte durée (surtout s’il est pauvre) ne rentre pas au pays et viennent grossir les rangs des « sans-papier », j’ai eu l’idée de demander un témoignage de « moralité » au sous préfet du Raincy de l’époque. Je la joins au dossier. Histoire de lever le doute, s’il y en avait.

Le dossier, avec son lot de papiers, attestations, taxes etc. est donc déposé au Consulat.

Refus !

Là, je me dit:  » je suis mal ». L’ambassadeur avait changé mais le Consul (celui qui était en vacances, voir plus haut) était toujours là, lui. Et c’est clair qu’il se souvenait, tout comme son agent, de l’intervention de l’ambassadeur et qu’ils allaient me faire payer ça.  Ce qui fut fait.

Je réussi quand même à l’avoir au téléphone. Ambiance glaciale sous les tropiques. Il me reproche le courrier du sous préfet: « vous savez quoi? me dit le serviteur de l’Etat, je peux très bien envoyer cette lettre au cabinet de Hortefeux et attendre leur réponse. Ca mettra trois mois… » me dit-il victorieux.  Là (je m’en souviens comme si c’était hier), je recule, je sais qu’il me tient par les c…, et je me confonds en excuses. Mais c’est pas fini: il trouve que la réservation du billet d’avion AR est insuffisante et qu’il lui faut un vrai billet (ce qui est faux). Je lui explique que je ne vais pas acheter un billet si je ne suis pas sûr du visa… Et là, certainement en pleine érection (encore que…) il me dit que c’est pas son problème.

On raccroche et je sens monter en moi une colère comme jamais j’ai ressenti jusqu’à ce jour.

Je décide d’acheter le billet et de renvoyer (faut tout recommencer, même le certificat d’hébergement, le même, qu’ils avaient pourtant).

Attente d’un mois…

Eh bien, vous ne me croirez peut-être pas, mais Bignon (qui habitait à l’époque dans le nord du pays, à 600 km), a dû attendre un mois pour avoir, enfin, son visa.

Lors de mon séjour au Bénin qui a suivi, je m’étais promis d’aller voir le Consul et l’agent en question (toujours le même), pour croiser leur regard, au moins. Le Consul était encore en vacance. J’ai vu l’agent en question, qui m’a fait attendre 15 mn (alors que le consulat était fermé au public des visas). Il a fait semblant de ne pas me reconnaitre. J’avais vraiment envie de le… Je l’ai remercié « sincèrement » pour son aide, en le fixant dans les yeux : c’est tout ce que j’ai trouvé pour ne pas lui dire autre chose. Je crois qu’il l’a compris, mais il m’a répondu d’un air qui voulait dire: j’en ai rien à  foutre. Ce qui était sûrement vrai.

Humiliations

J’ai eu depuis ces histoires, des tas de témoignages de mes amis béninois, dont des hommes d’affaires,  qui ont été humiliés, je dis bien humiliés, de la sorte, et même en pire.

Vous comprenez pourquoi j’ai apprécié le courage de cette Sénégalaise,  à qui j’exprime (je vais lui envoyer cet article) toute ma sympathie et la honte que je ressens pour l’attitude de mes compatriotes du Consulat de Dakar.

Réflexions

Rabia Diallo, journaliste à Seneweb (foto seneweb)

Je ne pourrai pas dire tout ce que je pense sur tout ça, ça serait trop long et je l’ai déjà été. Plusieurs choses:

- il est bien évidemment clair que malheureusement, on ne peut pas supprimer les visas ou accueillir toute la misère du monde (même si on peut en accueillir une partie), comme disait le socialiste Rocard. Il est clair aussi que la pression migratoire, en provenance de l’ Afrique surtout, devient de plus en plus forte. Il faut donc, contrôler (sinon diminuer fortement, ce n’est pas être « raciste » que de dire ça) cette immigration.

- Bien souvent, et je parle en connaissance de cause, l’attitude des Français (pas tous, heureusement) expatriés en Afrique francophone, est indigne et méprisante vis à vis des Africains, que ce soit dans des conversations privées, que dans des comportements publics, comme l’a si bien dénoncé, courageusement encore une fois, Bousso Dramé. Nous risquons, mais c’est déjà fait je crois, de ternir pour les générations à venir d’Africains, l’image de la France (qui n’est déjà pas très glorieuse).

Ce n’est pas parce qu’il a des visas et des abus de la part de certains Africains qui « restent » en France avec un visa de courte durée que les personnels des consulats, qui sont l’image de la France (la pauvre !) ne doivent pas être polis et respectueux. Voyez aussi l’article d’en bas, sur la « francophonie ».

- Il y a un autre côté de la médaille: la responsabilité des Africains eux-mêmes.  Lisez (je ne le résume pas), à tout prix, la réponse qu’une autre Sénégalaise, Rabia Diallo, journaliste à SENENEWS.Com faite à sa « soeur » Brousso : il y a tout ! C’est ici.

- j’ai une explication sur les « difficultés » de délivrance des visas. En fait, l’État est contraint (même les gouvernements de gauche) d’expulser à tour de bras les étrangers illégaux. Ça coute cher et tout de suite, les bonnes âmes protestent, manifestent, sont « choquées ». Eh bien je suis sûr que des consignes non écrites sont données: moins on délivrera de visa, moins on aura de problèmes pour les expulsions.

Et c’est c’est cette lâcheté, cette hypocrisie,  qui est dégueulasse : soyons  donc sévères avec ceux qui ne respectent pas la durée de leur visa, et permettons aux Africains, pour ne prendre qu’eux, de venir chez nous en vacances, ou en mission commerciale, ou pour tout autre motif.

J’ajouterai une dernière chose, s’agissant des délivrances de visas (ça vaudrait une investigation) : je ne suis pas sûr que, on va être prudent pour éviter un procès, que tout se passe … « normalement », si vous voyez ce que je veux dire (et vous ne voyez pas, appelez-moi).

EV (le 21 juillet 213)

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Un exemple de mauvais comportement de certains fonctionnaires français en Afrique

Ce soir-là, à la maison de la Francophonie de Cotonou. Le pauvre ambassadeur de France tout seul (sur la tribune), son conseiller culturel lui, est au resto...

Je vous parlais plus haut des mauvais comportements de certains expatriés Français en Afrique.

J’ai plein d’exemples (j’ai vécu au Bénin de 1981 à 1988 pour ceux qui l’ignoreraient) , passés et récents.  A l’occasion de la lettre de Bousso Dramé, il me plait de raconter cette… anecdote (?) ou plutôt ce scandale.

C’était à Cotonou, voici 3 ou 4 ans, alors que je descendais encore (avant d’habiter Fidjerossé, un quartier de Cotonou situé près de l’océan et de .. l’aéroport) au sublime Novotel Orisha.

Était alors nouvellement en poste à l’ambassade française, une vieille relation que j’avais connu lors de mon premier séjour au Bénin. Ancien professeur, il avait décroché le titre « prestigieux » de conseiller (adjoint, quand même) culturel de l’ambassadeur de France au Bénin.

Je le rencontre à la sortie de l’avion, où il était avec son conseiller culturel en train d’attendre je ne sais plus quelle délégation.

On décide de se voir, bien sûr (on a des tas de souvenirs ensemble, et pas des moindres). Comme la fête de la Francophonie arrivait (sûrement le 20 mars donc), on se donne rendez-vous pour la cérémonie officielle qui a lieu quelque jours plus tard, à la Maison de la Francophonie de Cotonou (un bel établissement qui se trouve juste en face du Novotel, ça tombait bien).

Y’avait des tas de personnalités béninoises, ministres et tout et tout… La langue française  (langue officielle du Bénin, comme beaucoup de pays francophone d’Afrique noire) est  célébrée. L’ambassadeur de France (celui d’après…) est là,  la tribune. Je cherche mon copain et son directeur des affaires culturelles, rien… On attend… Les danses commencent (foto), devant une tribune clairsemée où le seul « yovo » (blanc) est l’ambassadeur de France. J’appelle plusieurs fois le portable de mon pote. Rien.

Discours, chansons, zangbeto… Toujours pas de conseillers culturels. Je rappelle plusieurs fois et enfin ça répond.

« Ah, on est au restaurant, avec notre délégation… rejoins -nous? « . Je ne comprenais pas… On arrive audit resto. Et je vois mes gaillards, hilares, sans problèmes.

Moi : euh … vous n’êtes pas à la fête de la Francophonie…? Eux : « oh, tu sais, ras-le-bol de ces trucs… », d’un air suffisant et dégouté.

J’étais écœuré. J’ai rien dit. On a bu une bière et on est partis.  Vous vous rendez-compte? Le conseiller culturel de l’ambassade de France (c’est un poste important) et son adjoint qui laissent seul leur ambassadeur à la cérémonie officielle de la fête de la Francophonie qui est sensée quand même être un vecteur de l’influence de la France dans le monde et singulièrement en Afrique ?

Quel  mépris !

EV (le 21 juillet 2013)

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Intervention au Mali : si on m’avait écouté…

Hollande à l’ONU: négocier ? avec qui?

Manifestation anti française à Bamako, peu avant la chute de Kadhafi

Enfin ! Les choses bougent pour aller déloger les bandes de voyous soit disant islamistes qui occupent le nord du Mali depuis quelques mois. Le récent rapport de Human Rights Watch, publié  récemment à Nairobi (à lire à tout prix ici) donne la mesure des exactions des bandits dans cette région d’Afrique de l’Ouest.

Le sujet  nous concerne directement car si l’Afrique (de l’Ouest en particulier) sombre dans le chaos (et ce que veulent les bandes armées), l’Europe, la France seront touchés aussi: plus d’immigration (légale ou pas) qu’on a déjà du mal à contenir. Et le sous développement accru qui en suivrai inexorablement de cette région du monde, proche de nous historiquement et même géographiquement pèsera lourdement dans les relations internationales.  Sans parler de l’impasse dans laquelle se retrouveraient des millions d’Africains, en particulier les jeunes, qui sont déjà dans leur immense majorité dans la mouise la plus totale.

En mai 2011, dans RM 578 (à revoir ici), j’écrivais qu’après la chute du tyran Kadhafi, il fallait aller « nettoyer le désert« .  A l’époque, ça aurait été chose facile. Mais on était en pleine période électorale et je parie que si Sarkozy était intervenu,certains (beaucoup…) à gauche, auraient crié au néo-colonialisme.  Aujourd’hui, ça va être plus compliqué :

- les pays africains de la  CEDEAO, sans parler du Mali, aujourd’hui quasiment sans État, ont mis beaucoup de temps à savoir quelle attitude opposer à l’envahissement du Nord Mali par des bandes armées. Le président du Bénin, par ailleurs président de l’Union Africaine avait rencontré François Hollande à l’Élysée au début du mandat en espérant que la France allait régler toute seule le problème. Hollande l’avait alors renvoyé, non sans tort, vers la responsabilité première des États africains. Les choses ont ensuite avancé (doucement) jusqu’à tout récemment où le secrétariat de l’ONU demandait encore des précisions sur le plan militaire.

- il est clair que les pays de la CEDEAO n’ont ni les moyens militaires, ni l’argent pour intervenir. D’où la nécessité d’un « soutien » de la France (sous mandat de l’ONU à venir). Le principe de l’intervention (logistique, renseignement et à n’en pas douter, armement) de la France est désormais acquis, comme l’a rappelé justement cette semaine François Hollande à New-York lors d’une réunion spéciale de l’ONU sur le Sahel (à lire entièrement ici) . Le président de la République a été même très ferme: en réponse (non dite) à la dernière prestation du « président » malien, qui souhaitait une négociation de la dernière chance avec les bandits, Hollande à affirmé :  « Je sais qu’il peut y avoir encore la tentation de mener des négociations. Mais négocier avec qui ? S’il s’agit de forces politiques qui veulent prendre leur part dans la construction de l’avenir du Mali, soit. Mais négocier avec des groupes terroristes, il ne peut pas en être question. Tout malentendu, toute perte de temps, tout processus qui s’éterniserait, ne pourrait faire le jeu que des terroristes« …

La France en position délicate

Si, selon toute vraisemblance, l’ONU donne son feu vert à une intervention armée au nord-Mali, il est clair que même sous couvert de  « soutien logistique » , la France sera en guerre en Afrique, même sans soldats au sol : il faut appeler un chat un chat. Et c’est là où ça se corse. C’est une habitude: si on laisse de côté nos « bonnes âmes » françaises, nombre de commentateurs ( ce que j’appelle les « zintellectuels » africains, confortablement installés), critiquent sans arrêt notre pays. Si la France intervient, ils crient à l’impérialisme,  hurlent contre les « intérêts » français (je peux vous dire qu’il n’y en a plus beaucoup…). Si elle n’intervient pas, ils dénoncent avec véhémence l’abandon de l’Afrique, le désengagement, l’égoïsme de l’ancienne puissance  colonisatrice.

Et même en Afrique francophone, les commentateurs crachent souvent dans la soupe. Ignorant superbement l’importance de l’aide française et européenne (et des autres), sans laquelle quasiment aucun État de la région ne pourrait tenir, il est de bon ton pour eux de critiquer la moindre action (ou inaction) de la France, voyant toujours du néo-colonialisme partout… On l’a bien vu lors des évènement de Libye et Côte d’Ivoire.

Et sans parler de certains extrémistes, sympathisants des fondamentalistes « musulmans » qui, comme on le voit sur cette foto, diffusent dangereusement des thèses démagogiques auprès d’une jeunesse sans espoir.

Nulle doute qu’en cas d’intervention au Nord Mali, ils vont encore œuvrer. Mais ça vaudra mieux que de laisser proliférer les Ançar Dine, Aqmi et autres Mujao (sans compter la secte Boko Haram au Nigéria) qui ne souhaitent que déstabiliser et appauvrir encore toute la région.

Et voyez ce qu’en dit Daniel Vernet sur Slate.fr

EV (29/09/2012)

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Avec Séidou, dans un champ de coton, non loin de Kalalé

Notre séjour au Bénin tire à sa fin. La semaine dernière nous (avec Bignon et ses enfants Nina et Loïc) sommes allés depuis Cotonou ver le nord du pays en passant par la ville de Savalou, où se tenait le désormais traditionnel « Festival de l’Igname pilé », un met adoré par les Béninois, surtout dans le nord. La ville, que je ne connaissais pas encore, est vraiment belle, au pied des collines qui sont nombreuses dans la région. Orchestres, musique à gogo… Les innombrables buvettes de la ville ne désemplissaient pas. Se tenait aussi une foire commerciale que nous avons visitée. Comme pour celle de Cotonou qui s’est tenue début aout, on a pu apercevoir de produits élaborés au Bénin (dans ce pay qui importe presque tout) : merveilleux jus d’ananas en can ou en bouteille, mais aussi, par exemple, des produits en matière plastique .

Savalou accueillait, pendant la fête, une assemblées de rois traditionnels d’Afrique, à l’invitation du roi de Savalou TOSSO GBAGUIDI XIII. Celui-ci joue un rôle de plus en plus important en diplomatie (il fut reçu, voici quelques mois par le roi du Maroc). Nous nous sommes  rendus le soir dans l’hôtel qui accueillait l’assemblée et j’ai eu la chance de rencontrer, fortuitement, deux des rois venus pour l’occasion. Un jeune roi du Tchad (dont j’ai oublié le nom, pardon) et un roi du Mali  (en fait un sultan, comme on les appelle la-bas): M. Bajan Ag Hamatou. Par chance, j’avais avec moi ce jour-là un livre (excellent) du Père Joseph-Roger de Benoist sur l’histoire du Mali. Ça a permis le contact et une rapide, mais  bonne discussion sur la situation au nord Mali. Le sultan est en fait un personnage très connu : député  de Menaka (nord Mali, qui a connu des combats en janvier dernier) à l’Assemblée nationale, c’ est un Touareg. Vous pourrez le voir ici, dans l’interview qu’il a récemment accordée au journal « Le Républicain », relayée par le site maliweb.net. C’est intéressant. Après avoir égratigné « des petits français qui admirent les touaregs  exactement comme ils admirent la faune« , il se prononce sans ambiguïté pour une intervention armée pour déloger les soit-disant « islamistes » du nord du Mali et, si j’ai bien compris, contre un état touareg . Je lui ai emailé mes propres articles sur le sujet, dont celui-ci. A noter que Menaka (voir le site de la ville) est jumelée avec La Bresse (88).

Après Savalou, nous avons pris la direction, via Dassa, Savé et Parakou, de Bembereké, où nous sommes restés une semaine. J’ai revu mes amis de la radio Nonsina et, comme je voulais le faire depuis longtemps, je suis allé visité la commune de Kalalé, une commune de l’ethnie Bô, dont est originaire mon ami  Seidou, le rédac’chef de la radio, qui nous a guidé. Belle promenade dans l’Afrique vraiment profonde !

On a eu l’occasion de parler des cultures, et notamment de la future récolte du coton, principale exportation du Bénin. Il y a une polémique actuellement dans le pays à propos des fameux « intrants » (semences, engrais, et surtout, actuellement, insecticides dont le Bénin serait  à court. Mais il est difficile de savoir exactement ce qui se passe à ce sujet. Idem pour la rémunération des « cotonculteurs » : Séidou m’assure que le bénéfice  l’hectare tourne entre 2000 et 10000 FRCFA alors que Chabi, un parent de Bignon, cultivateur à  Banikoara, m’assure lui que c’est 50 à 60 000 !(1000 F CFA = 1€ 52).  Toujours est-il que le gouvernement du président Boni Yayi a fait le pari de 500 000 tonnes pour cette campagne (la récolte du coton se fait en décembre janvier), ce qui serait un record (voir ici).

Un des parasites du coton...

On est allé aussi passé deux jours à  Banikouara, une autre ville de la province de la région du  Borgou où l’ethnie Bariba (ont dit aussi Baatonou), celle de Bignon, est largement majoritaire. On y a visité le village natal de Bignon, Ouné, et salué les membres de sa famille qui sont resté là-bas.

Puis retour à Cotonou où l’accès au web déconnait toujours, rendant impossible la rédaction et l’envoi de RoissyMail. Heureusement qu’il n’y a pas encore beaucoup d’actu ! Ça va mieux depuis quelques jours, mais ça reste chaotique et je vais donc avancer mon départ pour « Yovotomé » (le pays des Blancs)…

EV, le 1er septembre 2012

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Déception au concert de La Fouine à Cotonou

Au Novotel de Cotonou, avec La Fouine, Bignon et ses enfant Loïc et Nina

Au Novotel de Cotonou, la Fouine avec Bignon et ses enfants, Loïc et Nina

Lahouni Mouhid, alias « La Fouine« , le célèbre rappeur du 7.8 est très apprécié des jeunes en Afrique de l’Ouest, spécialement au Bénin où il se produisait, pour la deuxième fois (où 3ème?) à Cotonou, samedi dernier. Le fils de Bignon, Loïc, est un de ses fans de la première heure.  Aussi l’avons-nous cherché, samedi matin, dans les hôtels de la ville, histoire d’obtenir une foto souvenir. Ce qui fut fait (au Novotel Orisha) , non sans mal, car l’artiste était « injoignable », mais c’était sans compter la détermination de RoissyMail…

La star accepta, tout juste, la foto. Mais on a été un peu déçu: pas un mot sympa, pas un sourire, notamment envers Loïc, que j’avais présenté comme un fan…

Mais la plus grosse déception vint du concert le soir. Les enfants y sont allés. C’était la 1ère fois qu’ils allaient à un concert. Celui-ci débutait officiellement à 18h, dans le beau Palais des Congrès de Cotonou, au bord de la plage. Bignon était inquiète, mais les enfants (16 et 13 ans) étaient accompagnés de leur cousins et on pensait que le concert allait se terminer vers minuit.

En attendant, on va faire un tour au Saloon, un bar branché de Cotonou, situé au bord de la lagune. Il es plus de 23h. Et qui est-ce qu’on voit, en train de jouer au billard? La Fouine himself !

Je m’approche de lui et lui demande comment s’est passé le concert. Toujours aussi froid, il me dit qu’il va aller « chanter » seulement maintenant. On était un peu estomaqués… Du coup on se dit qu’on a le temps et on va trainer au casino où Marc (Le Belge), le directeur du Saloon était en train de jouer. On le retrouve effectivement et, le temps de perdre 90 000 FCFA à la roulette, on retourne chez nous à Fidjerossé, non sans passer par le lieu du concert. Il est presque 2h du matin et, près du palais des congrès, un monde fou attendait  la sortie.

Bon, je vous la fait courte. On a récupéré les enfants à…  4H30 ! La Fouine venait de commencer 15mn avant. Tous les participants au concert, debout depuis des heures, étaient fatigués. Beaucoup sont partis avant que l’idole ne commence. Ce qui n’est pas bien, quand on pense que ces milliers de jeunes avaient dépensé 4000 FCFA (environ 7 €), plus le transport (ce qui est beaucoup la-bas).

Loïc a pu faire quand même un petite vidéo, postée sur Youtube:

Article publié le 16 juillet 2012 par EV

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Biens mal acquis : saisie d’un hôtel particulier de 100 pièces, de voitures et  de valeurs incroyables chez le rejeton du dictateur de Guinée équatoriale

L’enquête judiciaire concernant les « biens mal acquis » avance et personne ne s’en plaindra. Elle fait suite à une deuxième plainte déposée par l’ONG Transparency International, alors que le parquet français avait refusé d’aller jusqu’au bout de la première ! (voir ici). Récemment (voyez le reportage de TF1 ci-dessous), les juges ont ordonné la saisie de bien d’une valeur incroyable appartenant au fils du dictateur de Guinée équatoriale, (le père, le sinistre Teodoro Obiang Nguema cliquez !!!). L’avocat français, dans le reportage dit que ces biens appartiennent à « l’État » guinéen, sans rire…. La plainte vise aussi les autres dictateurs comme Sassou N’Guesso (Congo Brazza) et bien sûr les Bongo (Gabon). Lisez aussi les articles parus ici dans Libération et là dans Le Monde : c’est édifiant ! et aussi un article de Slate Afrique. (un autre est aussi ici, sur les voitures (16 pour 5 millions d’euros) saisies en septembre.

Une partie des voitures de luxe saisies

Contre « l’Africafric » !

Bonne occasion pour, comme moi, mieux connaitre Transparency international (TI, présidé actuellement par Daniel Lebègue, ancien DG de la Caisse des Dépôts), mais aussi l’association SHERPA, qui lutte comme TI contre la corruption.

Ça serait bien, d’ailleurs, que ce ne soit pas que ces seules associations qui agissent. Sur ce sujet des  » Biens mal acquis », le silence est scandaleux. Tant des « associations » (type SOS Racisme) françaises, si promptes à dénoncer n’importe quel écart de langage, des droitdelomistes » de tous poils, des partis politiques de tous bord, que des « zintellectuels » africains d’ici, confortablement assis derrière leur bureau et leur sécurité sociale. Ceux-ci, si prompts à dénoncer qui les entreprises françaises en Afrique (qui font un boulot admirable, tel SDV au passage), qui le colonialisme, l’impérialisme, et j’en passe ou défendre des Khadafi… . Mais contre les détournements de leurs « présidents » (et il n’y a pas que les trois là), rien contre « l’Africafric » ! Rien, pas de « tribune », pas de « pétition », ni de manifestation contre les dictatures africaines , ou même rien contre l’ex-démocrate libéral sénégalais Wade qui a fait un coup d’État institutionnel pour se maintenir au pouvoir.

De Mobutu à Mugabe, d’Eyadema à Bokasssa 1er en passant par les voleurs d’État de Djibouti, du Cameroun etc.. (et je ne cite pas les autres pays où je me rends parfois), ces roitelets ridicules ont pillé leurs pays, alimentant leurs familles, leurs clients, et laissant, pour être tranquilles, les autres acteurs de la société en faire autant (à leur niveau..) il s’agit de milliards d’euros par an !

Et pendant ce temps là, les Européens, pour ne prendre qu’eux, mais on devrait dire les Occidentaux, au sens large, dépensent des sommes considérables pour aider les populations africaines. Aides directes d’États (bilatérales ou multilatérales), : remise de dettes, aides aux budgets, sans parler de la foultitudes d’aides au titre de la coopération décentralisée (communes, départements, régions..) , ne serait-ce qu’en France: financements d’école, de puits, de dispensaires et d’hôpitaux, formation de personnels, bourses d’études, appui à de multiples projets, sans parler des bénévoles…

En revanche, quand Sarkozy a fait son discours de Dakar, en 2007, que je continue à considérer comme excellent, courageux et pro-africain, ou qu’un mot de travers ou mal compris prononcé par quiconque en France, les bonnes âmes de service, (à l’instar d’une Rokhaya Diallo) voient du racisme partout, continuent à nous culpabiliser sur la colonisation et se gardent bien de critiquer les voleurs africains. Ça commence à bien faire et ils ne me font pas peur, ces trouillards (en fait ils ménagent les régimes de la-bas parce qu’ils rentrent chez eux, font « djabi »,comme on dit au Bénin, sont bien reçus et vont, ou espèrent aller à la soupe).

Tout ça fait le lit du Front national, en plus du reste…

Bonnes nouvelles du côté de la lutte contre la corruption (ailleurs !) Chez nous d’abord, la parution du livre de l’ancien maire (PS) de Hénin-Beaumont, Rose Mafia (on le lira), sur les pratiques de la fédération PS du Nord Pas de Calais), les enquêtes judiciaires qui avancent sur l’affaire du Carlton de Lille (vous avez remarqué? on a encore rien écrit ici sur DSK, qui fut pourtant un élu important du Grand Roissy…). Et, au Brésil, si j’ai bonne mémoire, la loi anti-corruption vient de mettre définitivement hors du jeu politique les élus qui auront été condamnés. A ma connaissance, aucun parti politique en France ne souhaite une telle mesure, qui serait pourtant salutaire.

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Le beurre de Karité : un produit FASCINANT de plus en plus connu, mais… mal connu

Ça faisait longtemps que je voulais évoquer le karité ici, tant ce produit, de plus en plus utilisé, est en fait mal connu. Avec ce qui suit, vous saurez tout sur cette plante véritablement magique. C’est mon ami Brice Boussari, professeur d’Histoire Géographie au lycée de Gagny qui a fait le premier article et j’ai fait, en dessous, la partie « business ». Brice, merci à lui, avait déjà fait, pour Bénéfice.net n° 26, un extraordinaire résumé de l’Histoire de l’Afrique, que je vous recommande de lire (ou relire) ici. Merci à lui et j’espère bien qu’il pourra continuer à collaborer avec nous.   Merci aussi à Séidou, rédacteur en chef de la radio locale « Non Sina », qui nous a envoyé des fotos « live » depuis Bembéréké (Nord Bénin).

EV

PS: j’aurai pu mettre ces articles sur la rubrique « conso », mais, compte tenu que le karité est uniquement produit en Afrique et que cela constitue de plus en plus une filière économique la-bas, ça sera ici.

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Le karité : « fruit de vie »

Depuis une dizaine d’années, il n’y a pas une firme de cosmétique qui n’ait introduit dans sa gamme de produits le beurre de karité. Cette matière grasse végétale, qui s’est révélée indispensable en cosmétologie, est aussi devenue un substitut du beurre de cacao dans la fabrication du chocolat en raison de la modicité de son coût.

Le karité, un arbre singulier

Le karité (vitalleria paradoxa) est un arbre de la savane africaine (voir ici un arbre de karité). Il ne pousse que dans une vingtaine de pays, du Sénégal à l’Éthiopie (voir ici la carte de son ère d’extension géographique). La singularité de cette plante est qu’il faut attendre environ quinze ans pour que le semis donne ses premiers fruits (voir ici les fruits). Si l’arbre n’arrive à maturité qu’à trente ans, il peut cependant vivre deux à trois siècles, la production maximale de fruits se situant entre cinquante et cent ans, ce qui représente un obstacle sérieux à sa culture intensive.

Une fabrication encore largement artisanale

En Afrique de l’Ouest, les fruits du karité sont ramassés entre la mi-juin et la mi-septembre. Une fois débarrassée de la pulpe, la noix est ouverte pour récupérer l’amande. Cette amande est lavée et séchée, puis concassée, torréfiée et moulue. On obtient alors une pâte épaisse qui mélangée à l’eau sera vigoureusement baratée. Mélangée à de l’eau chaude, le pâte obtenue va livrer en surface le beure qui est recueilli est débarrassé des impuretés avant d’être conditionné (voir ici les étapes de la fabrication du beurre de karité) et, ci-dessous, un film de la firme française « L’Occitane« , une « succés story française, créé en 1976 par une jeune « écolo » qui avait découvert le karité lors d’un voyage au Burkina-Faso.

Toutes les étapes de cette production sont l’apanage des femmes. Dans toute l’Afrique de l’Ouest, elles sont les seules à récolter les amandes de karité et à en extraire le beurre.

Un choix rigoureux de la matière première

Il est cependant indispensable de procéder à un choix rigoureux du beurre de karité quand il est acheté auprès des productrices artisanales. En effet, ce produit doit répondre à des exigences particulières : une odeur modérée, une faible acidité (elle doit être comprise entre 0,2 et 3 %) et une humidité la plus réduite possible, c’est-à-dire inférieure à 0,5 %. En effet, plus le beurre de karité est humide, plus vite il sera oxydé et rance. Les pays producteurs conscients des difficultés pour les industriels à obtenir un beurre de bonne qualité ont entrepris des campagnes de sensibilisation. Le gouvernement du Bénin a diffusé à l’issue du conseil des ministres du 28 septembre 2011 un communiqué qui fixe les conditions de la campagne 2011-2011. Ce communiqué insiste particulièrement sur la préservation des arbres et sur les conditions optimales de conservation des noix afin qu’elles répondent aux exigences des industriels. On déplore au Bénin les feux de forêt qui détruisent indistinctement les espèces végétales parmi lesquelles le karité. Quand on connaît le temps nécessaire pour que un arbre arrive à maturité, les préoccupations du gouvernement béninois semblent justifiées.

Un produit aux vertus multiples cosmétiques

L’importance du karité (qui signifie « vie » en dioula) est comparable à ce que représente l’olivier pour les Méditerranéens. On peut parler d’une civilisation du karité comme l’on parte d’une civilisation de l’olivier tant cette plante marque les peuples soudano-sahéliens de son empreinte.

Le beurre de karité possède des vertus multiples, au premier rang desquelles l’action protectrice contre le dessèchement de la peau, l’activité hydratante pour la peau et les cheveux et des propriétés particulières de douceur et d’onctuosité  voir ci-dessous l’article  (voir ici le site Internet d’un producteur du Bénin). Il protègerait aussi  contre l’érythème solaire. D’après certaines observations cliniques, il semblerait que le beurre de karité favoriserait une augmentation de la circulation capillaire locale, ce qui permettrait une ré-oxygénation tissulaire et améliorerait l’élimination des déchets métaboliques. L’action cicatrisante sur les plaies, le traitement des dermites sèches desquamatives, des mains gercées avec crevasses, des ulcères,  des vergetures, des eczémas par la régénération des couches épidermiques superficielles sont quelques autres des qualités de ce produit. En raison de ces qualités, le beurre de karité est utilisé en Afrique de la naissance à la mort. Il est appliqué sur les fesses des enfants pour prévenir les irritations et sur les jambes des personnes âgées pour réparer les outrages de l’harmattan (voir ici ce que c’est).

Un substitut du beurre de cacao

Depuis le vote de la loi 2000/36/CE adoptée le 23 juin 2000 par le Conseil et le Parlement européens, la vie de tous les intervenants dans la production du chocolat a été bouleversée par la mise sur le marché de chocolats que les puristes qualifient de “faux”. En effet, cette directive européenne transposée en droit français par un décret du 31 juillet 2003 (J.O. du 1er août 2003), autorise l’incorporation de matières grasses végétales autre que le beurre de cacao dans le chocolat. Cette décision que déplorent les vrais amateurs de chocolat semble être une aubaine pour les multinationales de l’agroalimentaire et pour les producteurs de beurre de karité du Sahel. En effet, le produit de substitution le plus courant au beurre de cacao, outre l’huile de palme dont les effets nocifs sur la santé sont de plus en plus décriés, est le beurre de karité. Le principal intérêt de cette loi, que condamnent tous les amateurs d’un chocolat de qualité, est le prix des matières grasses de substitution beaucoup moins chères que le beurre de cacao (voir ici quelques explications claires). Toutefois, l’ajout de matières grasses végétales autre que le beurre de cacao dans le chocolat n’est en rien obligatoire. Les appellations “chocolats pur beurre de cacao” et “chocolat traditionnel” sont réservées aux chocolats obtenus à partir des seules fèves de cacao et garantissent une qualité recherchée par les amateurs.

Le beurre de karité voit donc s’ouvrir devant lui de nouvelles perspectives. Les qualités de ce produit ne sont plus seulement cosmétiques, elles sont aussi alimentaires. Cela en fait un atout pour les productrices ouest-africaines dans la bataille du développement.

Brice Boussari

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KARITÉ Business

La production mondiale de karité brut est estimée à 620 000 tonnes, selon une étude de marché très récente (juillet 2011) de l’Université Wageningen (Pays-Bas) et très fouillée (à lire ici), pour un potentiel estimé en 2004 à 1.4 million de t. Sur cette quantité, l’Afrique de l’Ouest est le plus grand producteur avec 585 000 t. Sur ce chiffre, 270 000 t. d’amandes sont exportées et seulement moins de 50 000 t. de beurre.  Une production en hausse permanente depuis 1961, comme le montre ce document, très éloquent de la CNUCED.

Cette production est une chance pour les pays africains concernés. Si le Nigeria est le plus grand producteur (61%), son petit voisin le Bénin, avec seulement 2% (mais le karité ne pousse que dans le nord du pays) veut développer la filière, ou plutôt l’organiser comme l’a évoqué Brice dans l’article ci-dessus (voir le communiqué du gouvernement béninois ici). C’est que l’affaire peut rapporter gros et apporter du travail aux villageoises qui, traditionnellement récoltent et travaillent le karité.  Ce qui se fait en ce moment, notamment dans notre bonne commune de Bemberéké (Nord Bénin). Notre ami Séidou, le rédacteur en chef de la radio locale « Non Sina » est allé prendre ces fotos pour vous, chers lecteurs de RoissyMail :

Les noix sont d’abord cuites

Tout ça, ici en tout cas, se fait à la main: c’est un sacré boulot! . Mais Séidou me dit qu’il y a quelques ateliers mécanisés. Il va nous envoyer des fotos plus tard.

Le jus après la cuisson

Berk… Pas terrible l’aspect  !

Une femme en train de battre le beurre (et sa sœur?)

Joli coup de poignet….

Et voilà le travail ! La pâte après 2 heures de battage à la main …

Mais c’est pas fini …

Il faut ensuite cuire la pâte pendant 2 h pour l’avoir sans déchets

C’est beaucoup de travail…

Et voici le beurre (ici en petites galettes), "qui se vendront au marché comme des petits pains" précise Séidou

C’est fini (enfin à ce stade). Le beurre acheté localement sert un peu à tout. Outre les fonctions « dermato » décrites par Brice, Bignon me rappelle que le beurre de karité, à ce stade sert à la cuisine du Nord du Bénin, comme beurre pour faire revenir les oignons ou comme huile pour faire frire (les ignames par exemple, même si les huiles d’arachide et autres ont petit à petit remplacé le beurre de karité).  Mais voyons les usages cosmétiques.

La société Natura à Cotonou transforme le beurre de Karité en produits cosmétiques

Nous l’avons dit, le karité est de plus en plus présent dans les cosmétiques et vanté par les publicités. Le karité, pourtant mal connu, est devenu pour les consommateurs, français notamment, un synonyme de produit naturel de qualité. Et les cosmétiques qui en contiennent coutent plutôt cher : ainsi  sur le site Occitane, on peut voir en première page une « crème ultra riche corps karité » à … 29 € le pot de 200 ml. Il faut lire sur cette page les nombreux commentaires des consommateurs, notamment d’un habitante de Sannois (95) qui regrette de ne pas pouvoir en trouver dans le Val d’Oise …

Gageons que les produits transformés par la société de Gilles Adamon : NATURA seront plus accessibles. Cet ingénieur  (ami d’enfance de Brice, que nous avions rencontré l’année dernière à Cotonou) spécialiste des corps gras, a créé son entreprise en 1994. Carrément orientée Karité. Il faut voir sur le site de Natura sa gamme de produits : crèmes, laits, savons…  Il commercialise sa production au Bénin, mais aussi dans la « sous région »: l’Afrique de l’Ouest. Et commence à percer au grand export: il vend depuis 2006 (grâce à une inter-médiation (voyez ça ici) de l’admirable  programme de l’USAID : West Africa Trade Hub,  ) ses produits en Californie, où la firme Lulla les commercialise sous la marque « Out of Africa« . Voyez  le film, formidable, trouvé sur le site web de cette entreprise « responsable » : on y voit les témoignages des dirigeants américains, mais aussi de Gilles qui, en homme d’affaires citoyen avisé, est très conscient que son activité fait vivre bien des familles au Bénin. Le film est vraiment superbement bien fait:

Pour l’instant, Natura n’exporte que peu de produits en France, ce qui est vraiment dommage. On va voir si RoissyMail peut l’aider à vendre ici.

Le karité ? C’est bien.

EV (le 10 novembre 2011)

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5 semaines au Bénin

En lisant ce qui est écrit tout en dessous de cette rubrique, vous saurez pourquoi nous sommes aussi au Bénin. C’est un pays agréable, accueillant , où j’ai travaillé de 1981 à 1988. J’y suis retourné régulièrement depuis, et, en 2009, nous nous sommes installés à Cotonou dans un appartement dans le quartier de Fidjérossé, derrière l’aéroport, non loin de l’avenue de la Francophonie, à 600 mètres de l’océan atlantique. C’est devenu notre « base » d’où je souhaite développer des affaires.  Mais cette installation nous permet d’apprécier la vie quotidienne au Bénin . J’aime la chaleur tropicale, les fruits (les ananas sont délicieux, mais on trouve aussi des mangues, des papayes, des oranges, citrons pamplemousses, des avocats et tous les légumes), les délicieux poissons de l’océan . Côté consommation, on trouve de tout grâce aux nombreux supermarchés , dont le tout récent hyper « Erevan« .

J’aime surtout observer ce pays (voyez son histoire passionnante ici) , démocratique depuis 1990 et qui fait des sérieux efforts pour se développer, malgré les difficultés (parmi elles certaines mentalités) . Les Béninois sont attachants . Je vous conseille d’y aller en vacances: il y a de quoi faire (voir plus bas).

Cette année, outre la promenade évoquée plus bas, nous avons revisité Porto Novo,  (dont l’urbanisme a considérablement changé depuis la fête du cinquantenaire de l’indépendance, en 2010). C’est la capitale « politique », siège de l’Assemblée nationale (mais la Présidence de la République – le Président est M. Boni Yayi, réélu cette année pour un 2ème mandat – est installée à Cotonou. Près de Porto Novo se trouve le village d’Adjara, où se déroule un marché célèbre.

Parmi les autres promenades, citons un dimanche au « Babdock » , que nous avions déjà fréquenté l’an passé (mais sous la pluie) . C’est un lieu de détente, situé au bord d’une des nombreuses lagunes qui bordent le littoral béninois. Il a été créé par un couple de Belges. L’établissement est ouvert seulement les week-ends : on y mange bien, baignade et jeux d’eau dans la lagune. Pour s’y rendre, une pirogue à moteur vient nous chercher à l’embarcadère et on traverse la lagune à travers la mangrove : c’est magnifique et j’y ai fait une bonne sieste…

Sieste tropicale au « Babdock »

Nous sommes allés  aussi à Abomey où je n’étais pas allé depuis 1996. Nous sommes allés au restaurant « Chez Monique » , qui sert un toujours aussi  excellent « ami-wo » (poulet grillé accompagné d’une pâte de maïs « rouge « qui ressemble fort à notre polenta): c’est le seul plat africain que je peux manger. Excellente adresse (hôtel aussi) : voyez ce qu’en dit le « Petit Futé », située dans une magnifique teckeraie. Le teck est un très beau bois présent au Bénin (voyez cette étude du Cirad) , mais il y a aussi de nombreuses essences comme l’acajou.

Magnifique parc de l’hôtel restaurant « Chez Monique ». Superbes sculptures judicieusement insérées sur les tecks

La surprise fut la découverte de l’atelier de sculpture sur bois que Monique a initié voici quelques années.  Selon sa sœur Édith (une vieille connaissance des nuits de Cotonou…), qui habite avec elle, ces sculptures monumentales connaissent un grand succès et sont exportées dans différents pays, jusqu’au USA …  On s’est régalé en visitant l’atelier et les pièces exposées.

Un artisan de « Chez Monique » en train de terminer une statue monumentale représentant un roi traditionnel du Niger

La presse au Bénin: grandeur et servitude

J’ai publié, au mois d’aout un article élogieux sur la liberté et le foisonnement de la presse écrite au Bénin. Vous pourrez le relire ici.  Si l’exercice de la liberté de la presse est toujours un combat (y compris dans notre vieille démocratie, voyez ce qui se passe à propos de l’affaire l’Oréal), au Bénin, si la liberté existe, c’est à en lire le livre évoqué dans l’article précité et celui que je suis en train de lire en ce moment ( « La longue Nuit du Journalisme » de Fritzell Sintondji, aux éditions IRG, mai 2010), la liberté de la presse dans ce pays est menacée par… les journaux eux-mêmes. Deux exemples:

Connaissance de « La Nouvelle Tribune »

Suite à mon passage au « kiosque  » évoqué dans mon article du mois d’aout , je reçois un coup de fil de Marcel Zemounou, nouveau rédacteur en chef du quotidien « La Nouvelle Tribune » (LNT). Renseignement pris , il semble que la LNT fasse partie des quotidiens les plus sérieux du Bénin, depuis 10 ans. Je reçois Marcel chez moi et on discute. Je lui ai demandé de pouvoir assister à une conférence de rédaction et pour cela, qu’il en fasse la demande à son « DP » (directeur de la publication), un certain Vincent Foly . C’est Ok et un jour, à 13 H 30, j’arrive au siège du journal.

Je suis reçu par rapidement  le « directeur de la rédaction » auquel j’explique qui je suis, ce que je fais, en lui remettant des numéros de Bénéfice.net et de RM, ainsi que la nouvelle carte de Roissy.

J’assiste ensuite à la « conf’ de rédaction ». Présentations mutuelles avec la poignée de jeunes journalistes (un peu médusés au départ, il faut le dire).

La conférence de rédaction de la « Nouvelle Tribune ». A gauche, c’est Marcel, le rédac-chef

Marcel commence par l’appel à la  critique de l’édition précédente. Débats … Puis chaque journaliste ou responsable de rubrique présente ses propositions pour l’édition du lendemain. Rapidement… L’affaire est réglée en moins d’un quart d’heure. Ni le « DP », ni le directeur de la rédaction n’assistent à la Conférence.

A la fin, le DP, le fameux (car il est fameux) Vincent Foly, vient me saluer chaleureusement, me fait commander une bouteille d’eau minérale (« Possotomé », l’eau locale, très bonne) pour respecter sans doute la tradition qui veut qu’on offre de l’eau aux visiteurs, avant de filer… Pas moyen de discuter avec lui. J’apprendrai ensuite que le journal compte au moins 8 journalistes à plein temps, et 2 correspondants en « province » (Ouémé Plateaux et Zou Collines) , pas plus.  Deux graphistes s’occupent de la mise en page et deux distributeurs livrent le canard le matin aux abonnés et aux kiosques, si j’ai bien compris. Le journal est édité à 1200 ex, 800 sont vendus par abonnements et quelques 300 au numéro (à raison de 300 FR CFA le numéro).  Je discute ensuite avec l’un des journalistes où l’on évoque les bas salaires (notoirement insuffisants) au Bénin.

Deux jours après, j’appelle le DP Foly. Je souhaite le rencontrer. Il vient chez moi volontiers. Je lui fais le coup de ma tradition: pas d’eau , du whisky. Ça lui va (et plutôt bien…). Bonne discussion avec ce type de mon âge, qui a roulé sa bosse, notamment en Cote d’Ivoire. On promet de se revoir.

Quelques jours après,  j’avais invité à Cotonou mon ami Séidou, le jeune « rédac-chef » de la radio communautaire du Nord (Bembéréké), nommée NonSina. Nous sommes aller visiter la « Maison des médias  » dans un quartier nord de Cotonou. C’est un lieu de ressources pour les journalistes et le siège des syndicats (patronaux et journalistes) de la profession. Leur site web, à ce jour, n’est pas actif…

Séidou devant la Maison des Médias

Juste après, nous sommes allés manger à l’excellent « O Grill » , au centre ville , où Vincent Foly nous a rejoints. J’ai fais les présentations et suggéré que Séïdou soit le correspondant de LNT au nord du pays: Seidou sait très bien ce qui s’y passe et la LNT n’a pas les moyens d’y avoir un correspondant permanent. Ça devrait se faire.  J’en profite pour demander à Foly de pouvoir assister le soir à l’impression de son journal. C’est OK et on a rendez-vous à 22H . Ce ne fut pas triste !

A l’impression de « la Nouvelle Tribune ». A ma gauche, Vincent Foly, à ma droite Séidou, et les employés de l’imprimerie

Je m’attendais à quelque chose d’ancien. Mais là, j’ai été scotché ! Une vieille Heidelberg (dont je n’ai pas relevé, sous le choc, le numéro) qui doit dater d’avant 1945… Avec le vieux système de films… L’imprimerie n’ a pas d’insoleuse, les films sont faits ailleurs… Vraiment, les gars ont du mérite !  Après la visite, Vincent nous paye une bière dans une buvette proche. Et là, il m’explique que son journal a fait une méga connerie dans un de ses numéros passés.  Juste avant, je l’avais « googlelisé ». Un article trouvé sur le net (que nous ne pouvons vérifier, évidemment) le présente comme « ancien instituteur » et « communiste ». Étonné, il réfute..

Le lendemain, Vincent m’appelle et souhaite me revoir avant que je ne parte. J’ignore pourquoi, mais j’accepte et le revoilà chez moi. Et il revient sur cette affaire de journal. C’est que, dans son numéro 2169 (foto) du 23 aout dernier, la Nouvelle Tribune avait titré sur 4 colonnes à la « une »:  » Affrontements sanglants entre Peulhs du Bénin et paysans du Togo : Près de 5O morts et des blessés graves« . L’article, non signé, fait état de bagarres (remontant à début juillet) entre les éleveurs peuhls béninois et les cultivateurs togolais. Aucune source n’est citée et l’article montre une photo du ministre de l’Intérieur béninois, histoire, sans doute, de crédibiliser le papier. J’avais acheté le journal ce jour-là, étonné que j’étais car ce type de violences était à ce jour inédit et ne correspondait pas à la nature pacifique des populations concernées, que je connais un peu. Et, en général, ce genre de tueries sont relayées par la presse internationale, notamment RFI (cf au nord-Nigéria, récemment). Là, rien… Mais sait-on jamais…

Or, m’avait confié Vincent le soir de « l’imprimerie », la nouvelle s’est avérée fausse. Je l’ignorais, mais je pense que Vincent savait que je savais. Sinon pourquoi serait-il venu une deuxième fois chez moi pour me reparler de ça, alors que je lui avait dit que cet « incident » me semblait symptomatique des dysfonctionnements de la presse au Bénin ? Et de me demander, mezza voce, de ne pas en parler?  Je l’ai bombardé de questions pour savoir comment ça s’était passé. Il s’agissait d’un « reportage » d’un correspondant qu’il avait  depuis 10 ans, sans problème, m’a t-il assuré. « Mais quelqu’un a t-il vérifié l’info, qui n’est pas banale et surtout inhabituelle ? », lui ai-je demandé. Non, m’a t-il répondu. J’insiste: « mais enfin, pas un coup de fil aux autorités locales, au ministère de l’intérieur…? Non, rien…

En parler ici ou pas, c’était là  the question ! Et, amples réflexions faites, j’en parle ici car je pense que ça rendra service, tant à son journal qu’aux autres (à noter que je n’ai pas vu un seul des journaux béninois tacler ce bouillant confrère sur le « reportage » de cette fausse tuerie, ce qui est aussi symptomatique). Vincent Folly va m’en vouloir, certainement, mais il aura tort. On est bien là dans les travers innombrables dans lesquels se sont mis les journaux béninois… C’est un incident malheureux, mais unique, m’a t-il assuré, et je veux bien le croire. Je vous conseille néanmoins la lecture de son journal, qui envoie, si vous vous inscrivez (c’est pratique), une e-newsletter quotidienne bien faite avec les principaux titres du journal : c’est  ici que ça se passe.

Mais il y a « pire » … comme vous le verrez dans l’article ci-dessous.

EV (le 16 / 09 / 2010 )

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Le « Béninois libéré » traite Sarkozy de « colon, esclavagiste, xénophobe ».

RoissyMail a réagit !

J’écris ça plus tard…

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Excursion à Natitingou et dans le Nord Togo

Une semaine après notre arrivée à Cotonou, le temps de reprendre ses marques (il faut toujours un petit temps d’adaptation quand on arrive en Afrique) et d’apprécier la douceur du climat du mis d’août ici (24 à 28°), nous sommes partis vers le nord Bénin, à Bembéréké exactement, où Bignon a gardé son appartement dans la maison du roi. Avec ses enfant, Nina (11 ans) et Loïc (14, bientôt 15, qui veut être pilote et, si on l’aide, je pense qu’il peut y arriver car il est bon), ravis de retrouver leur maman.  Trajet (520 km) agréable habituel: halte à Bohicon, achat de gari à Dassa-Zoumé, bière (toujours EKU pour moi) à Savé, encore bière à Parakou et arrivée à la tombée de la nuit à Bembéréké, où nos amis, notamment les journalistes de la radio locale (« NonSina ») nous attendaient. Re-bière, « chez Prosper », et Tchatchanga (mouton grillé, qu’on trouve un peu partout le soir, au bord des routes).

Atakpamé au Togo: ville étape agréable

Bemberéké, malgré la sympathie et l’hospitalité de ses habitants, n’est guère une ville touristique. En ces temps de vacances, même les Pères espagnols de la mission catholique étaient absents, comme beaucoup de nos amis. On est allé quand même faire un tour à Sinendé, un petit village dans la brousse où je savais qu’il y avait un établissement catholique. On a été bien reçu par le Père Rafaël, espagnol lui aussi, qui est arrivé récemment mais qui a déjà appris le français aussi rapidement que les bases du Baatonou, la langue locale.

J’ai remis à plus tard la visite de Kalalé, la ville du peuple « Bo », un tout petit peuple du Bénin, tellement mal connu que la plupart des Béninois en ignore même le nom. Mais c’est le peuple de Séïdou, le « redac-chef » de la radio sus-mentionnée.

Et j’ai proposé à Bignon et ses enfants d’aller faire un tour à Natitingou, la ville phare du pays « Somba » et chef-lieu de la région montagneuse de l’Atakora, où s’était déroulée, quelques jours auparavant, la fête nationale (« Nati 2011« ), célébrée en grande pompe par le gouvernement du Bénin.

Ce choix fut plébiscité, au grand dam du roi de Bembéréké, notre hôte, qui aurait voulu nous garder une semaine.

Le samedi 12 au matin, nous sommes donc partis et arrivés à « Nati » vers midi, après un voyage cool en empruntant la route, nouvellement goudronnée (parfaite), de N’Dali à Djougou.

A l’hotel Bourgogne, avec la patronne, Mme Oudot, et son collaborateur Marcus

Nous avons choisi l’hôtel Bourgogne, tenu depuis 20 ans par une Française, Mme Thérèse Oudot, qui est aussi Consul honoraire  de France. Très bon accueil, bonnes prestations (j’ai mangé un filet de zébu super, accompagné de frites excellentes comme je n’avais pas mangé depuis longtemps en… France). Sauf que le prix du verre de viski doit être le plus cher (3000 F CFA la dose !) du Bénin, à ma connaissance . Merci à Mme Oudot, qui nous a aussi bien rendu service. Son collaborateur, Marcus, est aussi journaliste et est auteur d’un bel article explicatif sur les Tatas sur slateafrique.com : c’est à lire ici .

Kaba, le héros de la lutte des peuples de l’Atakora contre le colonisateur fançais

L’après-midi, nous avons visité le musée, installé dans l’ancienne résidence du commandant du Cercle (ou de la préfecture?) de Natitingou (au temps de la colonisation), vraiment bien, et avons fait connaissance de Kaba, le héros régional (et maintenant national) qui a donné bien du fil à retordre au colonisateur français en fomentant, en 1915-17 une révolte des peuples de la région. Avec les flèches empoisonnées contre les fusils et les mitrailleuses…  Nous reviendrons sur Kaba et ces peuples de cette région, qui ont connu l’avantage de vivre sans … État organisé. Et… sans vêtements  ! D’ici là, voyez cet article éclairant de « Etudes africaines »: c’est ici .Et aussi un ouvrage, certes ancien, que je suis en train de lire, passionnant : « Kaba, un aspect de l’insurrection nationaliste du Dahomey », écrit en 1971 par feu le colonel Maurice Kouandété, éphémère président du Dahomey, originaire de la région. Le livre a été réédité récemment aux Éditions du Flamboyant.

Juste après, nous avons été nous baigner sous la cascade  de « Kota » : magnifique !

La cascade de Kota, à Natitingou

Le lendemain, nous avons rejoint le nord Togo, en passant par la route des « tatas », ces étonnantes fermes fortifiées du pays des Bètammaribè, dont la partie togolaise est inscrite au patrimoine mondial classé par l’Unesco : voyez-ça ici, c’est superbe.

A l’hôtel Napoléon Lagune (Lomé, Togo) avec Loïc et Nina, les enfants de Bignon

Retour mouvementé (question de visa pour moi), par Kara, Sokodé, Atakpamé et Lomé, la capitale du Togo où nous avons passé deux nuits au sympathique hôtel Napoléon-Lagune (qui ferait bien de licencier son cuisinier !)

Et, enfin, retour chez nous, à Cotonou (Fidjérossé), par la route des pêches, toujours superbe, en passant par le restaurant l’Oasis, à Anecho, juste avant la frontière, avec un coucou pour tous nos lecteurs !

A suivre !

EV (le 19/08/2011)

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Grèves… Un point de vue africain…

A lire ici... Original et…bien vrai à mon avis

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Gigantesque escroquerie financière au Bénin. Des milliers d’épargnants imprudents ont chaud!

Immense pancarte à Fidjérossé (Cotonou, Bénin) en mai dernier…

C’était plus que prévisible. Ces dernières années à Cotonou, et plus encore ces derniers mois, les Béninois se voyaient offrir par des officines incroyables, des « placements » qui « offraient » des intérêts allant jusqu’à 40% par trimestre, voire plus. Lors de mon dernier séjour, j’ai dû mettre en garde plusieurs de mes amis et connaissances là-bas, qui me demandaient mon avis. Je leur ai expliqué que ce n’était pas possible . Mais certains, qui avaient déjà eu l’occasion de percevoir des intérêts, ne me croyaient pas…  Aujourd’hui ils sont en train de penser à moi: il y a toutes les chances qu’ils ne revoient jamais leur argent. Car ce qui devait arriver est arrivé. C’était bien, comme je l’avais prédit, (pas besoin d’être grand clerc…)  une « pyramide de Bozzi« , rendue actuelle par l’affaire Madoff. Lesdites sociétés, dont la plus tristement célèbre d’entre elles, ICC Services, liée semble t-il à la fameuse Église du Christianisme céleste , très populaire au Bénin (en ces temps de bondieuseries exacerbées, d’où cette foto prise à Cotonou-Fidjerossé en mai dernier)  sont en cessation de paiement. Le peuple a grogné…Les dirigeants d’ICC ont été arrêtés, les avoirs, on parle de milliards de FCFA (ou ce qu’il en reste) gelés, le ministre de l’intérieur, soupçonné de complicité active limogé et la crise politique est là. Le président Boni Yayi, ancien banquier international, et l’entourage de la présidence sont  sur la sellette .

On y reviendra. Faites « escroquerie financière au Bénin » sur Google et vous verrez les détails. Parmi les papiers les mieux présentés, lisez celui-ci, diffusé sur sonangnon.net, un site d’info béninois.

EV (10/07/2010)

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On aime bien cette vieille chanson… Bien sûr, faut la replacer dans son contexte…

C’est nous les Africains…

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Vous comprendrez, en (re) lisant ce numéro 26 de  Bénéfice.net (cliquez sur la foto) comment nous sommes devenus « Africains » (du moins Eric Veillon…)

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Les Indiens à l’assaut de l’Afrique?

Un article intéressant sur les efforts de l’Inde pour faire du business en Afrique

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Vos vacances? Osez le Bénin !

Un beau pays, avec des gens sympas, accueillants. Voyez ce qu’on en avait dit dans Bénéfice.net 28 (facile à lire, en cliquant, vous arrivez sur le logiciel magique scribd, et vous pourrez feuilleter l’article comme si vous l’aviez en papier (une fois ouvert, allez en bas à gauche et cliquez sur « book »).

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1 commentaire

  1. arouna Séïdou dit :

    je crois personnellement que vous avez fait du bon boulot. j’ai apprecié le site.je crois que je suis pour. Faites tout pour que ça marche.Merci


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