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  ROISSYMAIL n°182 du 13/11/2006
 Affaire des badges de Roissy
Le tribunal administratif rendra son jugement demain ou après demain
« On me reproche d’avoir fait un voyage au Pakistan. A cette époque, j’étais en quête de spiritualité, c’est tout. Il ne faut pas tomber dans la psychose et l’amalgame », a expliqué Karim Kherfouche, l’un des sept bagagistes
« Mes clients ont besoin de leur badge pour vivre. En les retirant sans réelle motivation, le préfet agit comme un seigneur au Moyen-Age. Il distribue les lettres de cachet », a affirmé Me Daniel Saadat, l’un des avocats des sept employés de Roiss

Le bras de fer se poursuit entre des bagagistes de Roissy-Charles-de-Gaulle et le préfet de Seine Saint Denis Jean-François Cordet. Vendredi après-midi, le tribunal administratif de Cergy a examiné les référés de sept employés de la plateforme aéroportuaire privés de leurs badges d’accès à la zone sous douane par la préfecture de Seine-Saint-Denis, qui les soupçonne de liens avec une mouvance islamiste.
« Le préfet a un doute, alors il décide de retirer les badges, et ce sans même donner de raison. Cette logique porte gravement atteinte à la sécurité et à la sûreté qui font les valeurs de notre république », a affirmé Me Hélène Masse-Dessen, l’un des défenseurs des sept bagagistes.
Alors que Jean-François Cordet a décidé mercredi de restituer les badges à deux de leurs collègues, ces sept employés sont toujours privés d’emploi et de salaire et ont pour certains été licenciés par leur entreprise à la suite de la décision préfectorale.

Mouvance salafiste

Au total, 72 personnes travaillant à Roissy-CDG (bagagistes, manutentionnaires, personnels de sécurité), majoritairement de confession musulmane, se sont vu retirer leurs badges depuis août dernier au motif qu’ils présentaient « un danger significatif pour la sûreté aéroportuaire ». Dans la plupart des cas, on reproche à ces bagagistes de fréquenter des lieux de culte ou des personnes de la mouvance salafiste. « On me reproche d’avoir fait un voyage au Pakistan. A cette époque, j’étais en quête de spiritualité, c’est tout. Il ne faut pas tomber dans la psychose et l’amalgame », a expliqué Karim Kherfouche qui, comme ses six autres collègues, a engagé une procédure d’urgence au tribunal administratif pour récupérer son badge et obtenir réparation. « J’habite à la Courneuve, dans une cité où tout le monde se connaît. Ce n’est pas parce que je connais untel ou untel que je suis salafiste. Que le préfet me donne une liste pour que je sache quelles personnes je ne dois pas fréquenter ! », a ajouté Ahmed Tou, également privé de badge.

Des notes « insuffisantes »

Pour les cinq avocats des bagagistes, les notes de l'Unité de coordination de lutte antiterroriste (Uclat) sur lesquelles la préfecture s'est appuyée, et qui ont été versées au dossier, ne sont pas suffisantes pour justifier sa décision. « Les contradictions et les insuffisances des notes blanches, qui ne sont d’ailleurs pas signées, ne les rendent pas crédibles », a estimé Me Emmanuel Gayat en ajoutant que l’un de ses clients selon la note « n’aurait qu’un enfant, né en décembre 2001, alors qu’en réalité, il en a trois ».
Même avis pour Me Eric Moutet, qui a noté des erreurs dans la note sur son client Mohammed Seddiki. « La note dit que son prénom contient un "m" alors qu'il en contient deux, qu'il est de nationalité algérienne alors qu'il est français. Enfin, il écrit qu'il habite 6 rue Louis-Blanc, alors qu'il habite au 13 ».
Selon Me Georges Holleaux, l'avocat du préfet, les renseignements de l’Uclat sont « des éléments tangibles ». « Si la préfecture ne tient pas compte des avertissements que lui adressent les services de renseignement, qui assumera ce qui peut se passer à Roissy ? », a-t-il ajouté.

« Lettres de cachet »

Une position qui n’est pas partagée par Me Daniel Saadat, autre défenseur des sept bagagistes. « Mes clients ont besoin de leur badge pour vivre. En les retirant sans réelle motivation, le préfet agit comme un seigneur au Moyen-Age. Il distribue les lettres de cachet. »
Le juge des référés, Patrick Koster, annoncera mardi ou mercredi s'il suspend ou non les retraits. En attendant cette décision, des manifestations de soutien sont déjà prévues. La CGT appelle l’ensemble de ses élus « à participer massivement au rassemblement départemental du 93 le 16 novembre à Saint-Denis ». Mouloud Aounit, secrétaire général du Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l’égalité entre les peuples), présent vendredi au tribunal administratif, va engager « une procédure pénale pour discrimination » contre Jean-François Cordet et appelle à un rassemblement le 21 novembre devant la préfecture de Seine-Saint-Denis.

Ludovic LUPPINO


Notre avis

On restera toujours stupéfait, ici, par « le respect des droits de l’Homme » invoqué par nos « islamistes ». De même que certains de nos syndicalistes devraient faire un stage à cuba ou en Corée du Nord, « nos » islamistes (qui ont des relations, visiblement) feraient bien d’invoquer ces principes à l’intérieur des « républiques » ou royaumes islamistes (Iran ou Arabie Saoudite par exemple), qu’ils appellent de leurs voeux…
En attendant, le fait, pour le préfet de Seine-Saint-Denis, de redonner leur badge le jour même du procès à Bobigny, ne crédibilise pas les autres retraits.


EV

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