Azawad : les extrémistes “islamistes” principaux freins à la constitution et à la reconnaissance d’un Etat “touareg”

Le territoire de l'Azawad (nord Mali) est aujourd'hui totalement contrôlé par les Touareg, mais aussi par les bandes de voyous

La situation au Mali à de quoi inquiéter. Quoi qu’en disent les communiqués indignés du MNLA (Mouvement national de Libération de l’Azawad) sur son site web , les différents groupes “islamistes” comme Al Qaïda au “Maghreb islamique”ou Ançar Dine profitent et vont bien profiter à l’avenir des troubles dans le Nord. Et, comme je l’avais écrit en mai dernier, juste après l’élimination de Khadafi (voir RM 578 ici) les extrémistes armés qui se réclament de l’Islam, si on ne les arrête pas, vont bientôt gangrener toute la région d’Afrique de l’Ouest. Ils pourront, c’est leur méthode habituelle, diffuser  leur idéologie nihiliste et obscurantiste  parmi une bonne partie de la jeunesse africaine qui ne trouve toujours pas les moyens de vivre correctement et d’espérer dans l’avenir. Ils pourront, c’est leur méthode habituelle, multiplier attentats et enlèvements, et ainsi déstabiliser les  pays les uns après les autres. Ce qui empêcherait tout espoir de développement, économique en particulier, renforçant le désespoir des gens de là-bas,ce qui augmentera le terreau sur lequel ces voyous prospèrent.

Le Mali l’a montré: si les pays de la région Sahel-Sahara (Niger, Burkina, Mauritanie, Mali, Tchad, Algérie et même Maroc), appuyés par la CEDEAO et soutenus par la “communauté internationale”  ne s’entendent pas pour aller “nettoyer le désert”, ils risquent fort de le regretter un jour, pas si lointain que ça.

Le territoire des Touaregs

Bien sûr, il ne faut pas confondre les exactions de ces soi-disant “fous de Dieu”  avec le mouvement nationaliste des Touaregs en cours.  Mais force est de constater que le succès de la  “rébellion”  touarègue au nord Mali (en Azawad donc) a bien été favorisé par le retour des mercenaires qui étaient dans l’armée de Khadafi.

La revendication territoriale des Touaregs peut être comprise : souvent ces populations sont laissées pour compte par les gouvernements des États (formés artificiellement par la colonisation) qui “occupent”, de fait leur territoire.  Et on peut parier que, si l’ “Azawad” perdure, il s’étendra aux parties touarègues de ces pays (carte) . Raison de plus pour régler urgemment le problème des bandes de voyous évoquées plus haut, d’autant qu’ils pourraient faire la jonction avec les extrémistes assassins du Nord Nigéria (où la secte Boko Haram s’est déjà auto affiliée à Al Qaïda).

Et, sur ce point de la constitution éventuelle d’un grand Azawad, que fera l’Union africaine (présidée depuis peu, on a oublié de vous le dire, par M. Boni Yayi, président du Bénin) ? Maintiendra t-elle son dogme de “l’intangibilité des frontières”, déjà mis à mal par l’Érythrée et, récemment le Sud Soudan?

EV

Lisez l’excellent article ici de Marcus Boni Teiga (dont j’ai fait la connaissance l’an passé, voir ici) sur le sujet dans Slate Afrique

cliquez pour voir cette carte sur le site temoust.org, un site sympathisant de la cause touareg

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